Rallye Belgique

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Sezoens Rally 2016 : les tops et le flop

               C’est sous un beau et grand soleil qu’a eu lieu samedi dernier le Sezoens Rally autour de Bocholt, dans le Nord du Limbourg. Du soleil en 2016, c’est devenu quelque chose de si rare que ça pourrait presque faire partie de notre liste des tops. Mais nous nous concentrerons bien évidemment sur les performances des pilotes ayant participé à l’épreuve, certains étant d’ailleurs très en verve. Par contre, rien sur Freddy Loix cette fois. Une fois encore, il a vaincu haut la main. C’est devenu si habituel qu’il n’y a en fait plus grand-chose à en dire de neuf.

 

                Nous débuterons donc plutôt nos tops par le troisième, le jeune Irlandais Stephen Wright. Il avait déjà terminé troisième l’an dernier, mais il avait surtout profité des abandons de ses adversaires. Cette fois, il a décroché un résultat à la régulière, étant largement plus rapide que Patrick Snijers sur une monture équivalente. Stephen a même signé son premier scratch en Belgique ! Et n’oublions pas de parler de son style de pilotage, plus maitrisé et plus spectaculaire qu’il y a douze mois.

 

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                Wright devance Vincent Verschueren, un peu malchanceux ce week-end. Vincent avait pourtant bien débuté la journée, devançant même Kris Princen sur un terrain où on ne l’attendait pas. Surtout, il était le plus spectaculaire des pilotes de R5, gratifiant les spectateurs d’un passage de choix à presque chaque endroit. Mais malheureusement, dans la douzième spéciale, celle de Goolder, il sortait de la route, gêné par une plaque d’égout qui avait décidé de se promener sur la route. Une minute s’envolait dans l’aventure, le faisant redescendre de la deuxième à l a quatrième place. Mais retenons l’essentiel, Vincent a franchi un cap, comme en témoignent ses performances au Rallye de Wallonie et lors de ce Sezoens Rally. Il est désormais rapide sur tous les terrains. La première victoire en championnat de Belgique n’est sans doute plus très loin, pour autant que Freddy Loix daigne lui en laisser l’occasion !

                Nous descendons plus loin dans le classement pour s’arrêter à un autre pilote, tout aussi rapide que spectaculaire, Hein Jonkers. Après avoir longtemps occupé la septième place, il a finalement du rétrograder de deux rangs dans le dernier exercice chronométré. Mais peu importe, il était le plus rapide derrière les R5. Et comme très souvent, il était surtout hyper spectaculaire, comme en témoigne notamment la photo ci-dessous. Preuve une fois encore que les résultats ne passent pas forcément pas un pilotage propre.

 

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                En terminant neuvième, Jonkers est donc devancé par l’autre Mitsubishi de Steve Becaert. Ce dernier avait entamé la saison sous l’étiquette d’un gentleman driver devenu champion en VAS grâce à sa régularité (et à ses déplacements hors Flandre Occidentale). Quelques rallyes plus tard, il est désormais considéré comme un bon pilote de Mitsubishi capable de devancer à la régulière certains adversaires sur des montures identiques ou plus performantes. C’est sur, Steve n’en est pas encore à concurrencer les meilleures références de sa catégorie, on l’a d’ailleurs vu lors du Rallye de Wallonie. Mais il suit une belle courbe de progression depuis l’an dernier et est de plus en plus pris au sérieux par les suiveurs. Sa progression, il va tenter de la concrétiser ce week-end en VAS à l’occasion de l’ORC Canal Rally. Il y découvrira le pilotage d’une Citroën DS3 R5 que l’on espère plus fiable que celle de Jourdan Serderidis samedi dernier…

                Pour terminer ces tops, comment ne pas évoquer les prestations des sociétaires de la BMW M-Cup ? Une fois encore, les Franky Boulat, Patrick Diels et Kurt Braeckevelt ont affolé les chronos autant que les spectateurs. C’est vraiment le rallye comme nous l’aimons tous, avec des voitures spectaculaires exploitées au maximum par des pilotes excellents (et sans doute sous-estimés). Une fois de plus, les meilleures concurrents de cette M-Cup flirtent avec le top 10 au classement général, devançant même certaines voitures à quatre roues motrices largement avantagées sur un terrain comme celui du Sezoens Rally. Et là aussi, certains ont des envies de voir plus haut, puisque Kurt Braeckevelt s’alignera à l’ORC Canal Rally sur une Skoda Fabia WRC, ni plus ni moins !

 

                Voilà pour les tops. Pour notre flop, par contre, nous laisserons du répit aux pilotes pour s’intéresser aux spectateurs. En 2015, le Sezoens avait été émaillé par une sortie de route lors de laquelle Chris Van Woensel avait heurté un spectateur. Dans certains coins de la Flandre, on sait à quel point la sécurité peut être stricte, parfois même de façon exagérée. A Bocholt, la tolérance est un peu plus de rigueur. Ca a des inconvénients mais aussi des avantages naturellement. Malheureusement, certains aiment profiter de cette tolérance et même la forcer en ignorant les consignes des stewards. Alors que l’on entend souvent dire chez nos compatriotes du Nord que les problèmes de sécurité sont un mal typiquement wallon, nous avons une fois encore pu constater samedi que ce n’était pas le cas. Les photos ci-dessous le montrent, les abus peuvent être nombreux en Flandre lorsque la sécurité n’est pas gérée de façon hyper stricte et rigide. Il n’y a pas eu d’accident ce samedi et c’est là l’essentiel. Mais si un jour il devait en survenir un, rien ne dit qu’il ne pourrait pas avoir lieu en territoire flamand ou impliquer des spectateurs néerlandophones…

 

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25/05/2016
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Rallye de Wallonie 2016 : les tops et le flop

              Après une pause forcée de quelques semaines, Rallye Belgique est enfin de retour. Et pour l’occasion, nous avons même une petite nouveauté pour vous. Après chaque manche du championnat de Belgique des rallyes, nous vous donnerons désormais nos cinq tops et notre flop du week-end. Pourquoi seulement un flop demanderez-vous ? Car il faut tout de même se concentrer sur le positif et se rappeler que les gros efforts fournis par les organisateurs et les pilotes pour nous permettre à nous aussi de vivre notre passion ne doivent pas être balayés par des salves de critiques trop souvent gratuites et peu constructives.

                Nous entamons évidemment cette série de tops et flops par le 33e Rallye de Wallonie qui a eu lieu le week-end dernier dans la région de Jambes. Une édition marquée par le mauvais temps et qui avait par moments des allures de Rallye du Condroz. Les abandons ont été très nombreux et dans ces conditions l’enthousiasme des spectateurs a été mis à rude épreuve. Mais quoi qu’il en soit, le Wallonie reste le Wallonie, un week-end à part dans la saison belge des rallyes sans commune mesure avec certaines autres épreuves plus courtes et concentrées sur une seule journée.

 

                Et pour débuter ces tops, comment ne pas évoquer une fois encore toute la maestria de Freddy Loix, vainqueur pour la quatrième fois cette saison et pour la deuxième fois au Wallonie. Pourtant, en début de course, Kris Princen et surtout François Duval l’ont longtemps devancé. Mais sans doute était-ce au prix de risques mal estimés. Princen sortait dès le samedi matin à Arbre, surpris par l’eau présente en masse sur la route. Duval quant à lui partait à la faute le samedi soir à Vedrin, sentant peut-être le souffle de Freddy dans son dos. Sans jamais tenter le diable, le lutin de Riemst maintenait très intelligemment la pression sur le pilote de Cul-des-Sarts qui voulait probablement plus la victoire que lui. Comme souvent, trop souvent peut-être pour le suspense, ce sont les adversaires de Freddy qui se sont éliminés sans même qu’il ne doive faire appel à tout son talent. On voit mal désormais comment le titre pourrait lui échapper. Et on se demande même comment on pourrait encore le priver d’une simple victoire dans les mois qui viennent !

 

                Nous descendons quelque peu dans le classement pour nous arrêter à la cinquième place, la première à ne pas être occupée par une Skoda ! C’est là que nous retrouvons Xavier Baugnet, qui disputait ce week-end sa troisième course en Fiesta R5. Comme lors du dernier Rallye du Condroz, Xavier a débuté sa course discrètement, profitant au fil du week-end des abandons pour grimper progressivement dans le classement. Mais après avoir été victime d’une crevaison à Malonne samedi soir, il rétrogradait quelque peu laissant notamment filer l’autre Fiesta R5 pilotée par Adrian Fernémont. Xavier devait donc finalement se cracher dans les mains pour ne pas perdre cette course dans la course. A la clé, plusieurs meilleurs temps au plus fort de la bagarre pour la deuxième place entre Bouche et Verschueren. Xavier a résolument franchi un palier par rapport à ses deux courses précédentes en R5. Il peut maintenant chatouiller les meilleurs. Regrettons une fois de plus qu’il ne roule que deux fois l’an et qu’il n’ait pas la possibilité de s’aligner plus souvent sur une telle voiture.

 

                Lui aussi en Fiesta R5, le Vedrinois Adrian Fernémont a donc été battu de peu par Xavier Baugnet. Pour Adrian, il s’agissait d’une première fois avec une voiture de ce niveau. Contrairement à beaucoup d’autres ce week-end, il a livré une course intelligente, sans prendre de risques inconsidérés et sans se faire avoir par les nombreux pièges du parcours. Profitant aussi de la fiabilité de sa voiture, il a ponctué cette première par une formidable sixième place finale. Il n’était probablement pas possible de faire mieux pour un début. Espérons pour Adrian qu’il y ait une suite.

 

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                Quatrième top, un pilote dont tout le monde ne cesse de vanter les mérites depuis plusieurs années déjà. Ses performances sont à chaque fois attendues, mais elles surprennent toujours. Il s’agit évidemment de Stephan Hermann, poussant comme souvent sa Fiat Punto au maximum de ses possibilités. Cette fois, Stephan a terminé à la huitième place. Compte tenu du plateau présent au départ (13 R5 et 4 WRC), c’est tout bonnement exceptionnel. Et comme toujours, beaucoup se demandent pourquoi il ne reçoit pas l’opportunité de rouler avec une monture plus performante. Il avait eu l’occasion de s’y essayer lors de l’East Belgian Rally en 2015 mais cela s’était mal terminé. Malheureusement, il lui sera impossible de reproduire avec une R5 (ou une autre voiture de premier plan) les performances qu’il réalise actuellement avec sa Punto si il n’a pas la possibilité d’apprendre sereinement et de franchir l’échelon sans trop de pression.

 

                Et pour clore les tops, soulignons la présence et les passages des nombreuses voitures de la classe Historic le week-end dernier. Après les trop nombreux abandons parmi les favoris, il a parfois fallu se rabattre sur celles-ci pour avoir du spectacle à certains endroits. Comme toujours, la palme revient à Pieter-Jan Maeyaert que nous n’avons que trop peu eu l’occasion de voir passer en raison de sa position de départ le samedi puis de son abandon le dimanche. Il y avait aussi les BMW M3, dont celles du vainqueur Manu Bouts et de Didier Vanwijnsberghe. Jacky Hannon, Hubert Deferm, Marcel Wirtz, Dirk Deveux, Guino Kenis ou Patrick Mylleville ont aussi largement contribué, parmi bien d’autres, à la réussite de ce week-end. Merci à tous les pilotes qui optent encore pour ces voitures d'un autre temps, parfois plus spectaculaires que performantes.

 

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                Pour trouver le flop de ce Rallye de Wallonie 2016, il n’aura par contre pas fallu chercher très longtemps. Treize R5 au départ, et seulement six à l’arrivée. Du côté des WRC, trois des quatre voitures présentes ont du abandonner. Les voitures d’aujourd’hui sont parfois moins fiables que celles d’hier, et ne parlons pas des pilotes… Pour certains modèles ou certains préparateurs, c’était même la catastrophe (une fois encore…). Chez D-Max, les deux C4 WRC ont du renoncer le samedi. Chez J-Motorsport, aucune des quatre DS3 alignées n’a rejoint l’arrivée. Après la sortie dans le premier virage de Jordan Scaillet, Laurent Léonard et Kevin Demaerschalk ont jeté le gant dès samedi matin pour le même problème de pompe à essence. Le dimanche, Philippe Stéveny a ponctué le travail par une sortie de route alors qu’il n’avait plus grand-chose à jouer. Le constat est accablant et d’autres que nous se sont déjà chargés de le souligner depuis une semaine. Et pour rester dans la catégorie des abonnés aux ennuis techniques, parlons encore de Chris Van Woensel qui a du renoncer alors qu’une place sur le podium, voire mieux, était en vue. Depuis qu’il a racheté la Lancer WRC de Bob De Jong, la mécanique n’a eu de cesse de le trahir et la seule course sans encombre pour lui avec cette voiture jusqu’ici était un rallye-sprint ! Au final, le pourcentage d’abandons le week-end dernier était proche des 50%. Heureusement que certains ont pu profiter du « SupeRally » pour revenir en course sans quoi la journée du dimanche aurait été encore un peu plus terne.

 

                Voila, nous en restons donc là pour ces premiers tops et flop. Le prochain rendez-vous est fixé au samedi 21 mai pour le Sezoens Rally où nous aurons de nouveau l’occasion de passer en revue les (contre-)performances des uns et des autres.


03/05/2016
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La deuxième est la (première) bonne !

              Il y a un de cela, nous n’avions pu faire autrement que de souligner le déroulement quelque peu chaotique de la première édition du Spa Rally, et nous n’étions pas les seuls. Douze mois plus tard, il faut bien reconnaitre que de nets progrès ont été faits (le contraire aurait été dramatique...). Certes, il y eut encore cette année quelques points noirs. La spéciale show de Saive n’était pas une bonne idée compte tenu de l’ordre de départ des Historic (en ordre inverse) et des WRC qui s’élançaient derrière les GT. La nuit du vendredi au samedi fut plutôt courte pour beaucoup de monde, spectateurs ou concurrents, surtout avec les petites retards du vendredi soir. Enfin, le rapport entre le kilométrage des spéciales et le kilométrage des liaisons était assez peu flatteur. Mais dans l’ensemble, ce Spa Rally peut être considéré comme étant, à peu de choses près, au niveau des autres épreuves routières importantes dans notre pays.

 

                Mais ne nous attardons pas plus longtemps sur l’organisation de l’épreuve et concentrons nous plutôt sur l’aspect sportif. Car le week-end passé, c’est le sport qui a relégué tout le reste au second plan et non l’inverse, et quand c’est le cas, la satisfaction est toujours de mise. Les spéciales tracées dans la région de Spa, et parfois même plus loin comme à Herve, font la part belle au talent des participants. Comme sur les autres épreuves wallonnes du championnat de Belgique, il ne suffit pas d’être aux commandes d’une voiture de pointe pour faire un résultat. Bien au contraire, ici c’est le coup de volant qui est le plus important et qui permet souvent de compenser les faiblesses de sa machine. Il n’est pas étonnant dès lors que de nombreux pilotes se soient faits remarquer par leur pilotage le week-end dernier. Certains étaient attendus en haut du classement, mais d’autres ne l’étaient pas et ont profité de l’occasion pour se révéler.

 

                En Historic, François Duval s’est imposé haut la main. C’était attendu et beaucoup d’observateurs furent étonnés de le voir devancé par Bernard Munster en début de course. Mais après les soucis que connut ce dernier le samedi matin, Obelix n’avait plus qu’à gérer et n’a finalement pas du forcer son talent pour l’emporter. L’inactivité n’a toujours pas altéré son coup de volant hors du commun. Il est plus étonnant de voir que François De Spa termine deuxième. Avec sa Porsche 911, il devance Jean-Pierre Vandewauwer qui disposait du même modèle mais dans une version beaucoup plus performante, c’est remarquable ! Toujours en Historic, nous avons bien failli retrouver Pieter-Jan Maeyaert sur ce podium. En 2015, le Roularien s’était mis en évidence à plus d’une reprise mais face à une concurrence bien moins relevée dans sa catégorie. Ce week-end, il a signé plusieurs meilleurs temps et souvent fait jeu égal avec des véritables références comme Duval, Munster ou Vande. Une sortie de route a finalement mis un terme à cette prestation, mais le favori des spectateurs confirme de rallye en rallye toute l’étendue de son talent sans jamais abandonner son style ultra-spectaculaire. C’est l’homme du moment en Historic ! Un peu plus loin, quelques régionaux se sont également montrés à leur avantage à Spa. Ce fut la cas de Geoffrey Leyon, de plus en plus rapide, et du revenant Sébastien Cuvelier dont nous avons aimé revoir les passages généreux.

 

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                Dans la manche « moderne » du rallye, la bagarre a fait rage tout le long du week-end. Le rythme fut particulièrement élevé chez les pilotes de pointe. De mémoire de spectateur, nous avions rarement eu droit à un tel niveau de pilotage en Belgique ces derniers temps. De nombreux passages furent dignes du championnat du monde. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant de constater les écarts colossaux qui séparent les pilotes les mieux classés de certains de leurs adversaires moins rapides. En tête de la course, Freddy Loix a du faire usage de tout son talent pour décrocher les lauriers. Kris Princen n’a jamais relâché la pression, donnant lui aussi toute la mesure de son pilotage d’un bout à l’autre de l’épreuve. Il suffit de regarder certaines caméras embarquées pour s’en convaincre. Derrière ces deux hommes, le troisième mousquetaire Vincent Verschueren n’a pas eu droit au chapitre. Comme souvent un peu moins à l’aise sur les spéciales du Sud du pays, le Flandrien a même du batailler ferme pour obtenir la dernière marche du podium. Il termine tout de même l’épreuve en boulet de canon, ce qui est de bonne augure en vue des prochaines manches wallonnes.

 

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                Juste derrière ce trio désormais habituel, nous retrouvons le Marchois Xavier Bouche. Pour la première fois, Zaza disposait d’une R5 similaire à celles de ses adversaires. Et il a de nouveau prouvé qu’il avait le talent pour jouer les premiers rôles avec à peu près tout ce qui lui passe entre les mains. Longtemps troisième, il dut finalement plier face au retour de Verschueren. Mais Xavier Bouche pourrait bien être le quatrième mousquetaire à plus d’une reprise cette saison. Un rôle de quatrième homme habituellement dévolu à Cédric Cherain qui dut abandonner suite à un problème mécanique pour la seconde fois après son retrait à Landen. Un manque de fiabilité qui est de mauvaise augure pour sa campagne internationale…

                Le top 6 est complété par deux pilotes talentueux que l’on attendait pas à pareille fête ce week-end, Cédric De Cecco et Guillaume Dilley. Ils ont démontré qu’ils pouvaient s’adapter rapidement au pilotage d’une R5 malgré leur déficit d’expérience au volant de voitures de pointe. Et surtout, ils y ont mis les formes, leurs passages n’ayant pas grand-chose à envier à ceux de Loix ou de Princen. Voilà qui est prometteur pour Dilley dans la perspective de sa campagne 2016 avec le Citroën Belux Junior Team. Longtemps sous-estimé, le Brabançon devient de plus en plus en crédible sous sa nouvelle étiquette d’espoir de nos rallyes. Quant à De Cecco, espérons que ce qui devait n’être à la base qu’un one-shot  puisse déboucher sur un programme plus consistant. Par contre, il faut regretter le retrait précoce de Kevin Demaerschalk qui n’a pas eu le temps de se mesurer aux autres novices de la R5. Pour lui, la partie est remise au TAC Rally auquel il pourra participer en compensation de cet abandon.

 

                Nous ne pouvons pas non plus passer sous silence les prestations de quelques régionaux sur des montures plus modestes mais au mérite tous aussi grand. Commençons par Michaël Albert. En progression constante depuis ses débuts il y a un peu plus de douze mois et sur ses terres,  l’homme à la Mitsubishi s’est une nouvelle fois illustré. Il termine à une neuvième place plus que méritée, premier derrière toutes les R5 et les WRC. Il devance à la régulière Anthony Martin, beaucoup plus expérimenté que lui. Où s’arrêtera-t-il donc ? On ne peut pas non plus éviter de parler, une fois encore, de Stephan Hermann. A nouveau, il fut étincelant sur sa « petite » Fiat Punto, avec comme de coutume quelques passages repoussant les limites de la physique.

                En 17ème position, nous retrouvons Fabrice Jehenson. Nous n’avions plus eu beaucoup d’occasions de le voir à l’œuvre ces dernières années. Il s’était déjà mis en évidence par le passé avec un bel accessit au Rallye de Wallonie notamment. Il a remis le couvert ce week-end, comme de coutume au volant d’une Renault Clio, en devançant plusieurs voitures bien plus performantes. Encore un de ceux dont le talent n’est pas altéré par l’inactivité et que l’on aimerait voir en action plus souvent ! Un petit peu plus loin, la 19ème place est revenue à Antoine Luxen qui signe là un résultat tout bonnement hallucinant au volant d’une modeste Peugeot 205 ! Il devance même Tom Van Rompuy, toujours aussi décevant depuis son passage à la R5. En se montrant à son avantage à Spa, Antoine démontre qu’un pilote issu des rallyes provinciaux au volant d’une voiture d’un autre temps peut faire un résultat probant à l’échelon supérieur si il parvient à être rapide et à ne pas commettre d’erreurs. Il est dommage que ce genre de performances n’inspire pas plus souvent des pilotes issus du provincial à tenter l’aventure du national. Ils étaient quelques uns à l’avoir fait ce week-end, et beaucoup ont été récompensés par un résultat honorable. Outre Luxen, citons encore Thomas Delrez ou Dominique Genten.

 

                Ce Spa Rally fut donc un bon cru. Il nous rappelle aussi qu’il y a du talent à revendre dans notre pays. Ce millésime restera sans doute marqué dans les mémoires comme la première grande édition de l’épreuve. L’histoire du Spa Rally s’écrit donc petit à petit, d’année en année. Non pas sur les cendres des anciennes Boucles de Spa mais sur une base nouvelle qui lentement s’affranchit des nombreuses polémiques qui ont entouré la naissance de l’événement en 2015. La communication des organisateurs s’articule d’ailleurs de moins en moins autour du prestige d’autres épreuves plus anciennes.

                Vivement 2017, pour la troisième édition d’un rallye qui monte. Et avec, espérons-le, encore moins de retards, moins de longues liaisons, moins de spéciales interdites au public (ou était-ce un leurre ?), et au moins autant de spectacle que cette année !


24/03/2016
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Les nouveaux mousquetaires

           Rappelez-vous, il y a quelques semaines nous évoquions les principaux candidats au titre de champion de Belgique pour cette saison 2016. Du moins ceux qui avaient alors déjà présenté leurs intentions. Et maintenant que la manche d'ouverture du calendrier, le Rally van Haspengouw, est derrière nous, le moment est naturellement venu de tirer les premières conclusions.

           Nous laisserons de côté toute discussion sur le déroulement parfois chaotique de l'épreuve la week-end dernier. Nous éviterons donc de nous prononcer sur l'annulation de la cinquième spéciale, à Halle-Booienhoven. Une annulation controversée qui a engendré un lourd retard dans l'horaire d'un rallye qui s'est finalement terminé avec une demi-heure de décalage par rapport au timing prévu.

           Nous ne nous attarderons pas non plus sur la sortie de route de Philippe Stéveny dans la première spéciale, ni sur celle de Jourdan Serderidis dans le chrono suivant. Soyons honnêtes, aucun de ces deux pilotes n'est à classer parmi les vrais favoris pour le titre et ces deux sorties de route lourdes de conséquence ne font que renforcer un peu plus cet état de fait. Tom Van Rompuy n'est aussi qu'un outsider et son abandon au volant de la fragile Citroën DS3 R5 qu'il a rachetée à Vincent Verschueren et à l'équipe Godrive Racing n'est finalement qu'un fait de course secondaire. Guino Kenis, qui n'est pas non plus un candidat légitime au titre avec sa Mini WRC/RRC, a pour sa part eu le mérite de signer un top 6 parmi un plateau très relevé. Il est largement devancé par le Batave Bob de Jong au volant de la seule des quatre DS3 R5 à avoir vu l'arrivée. De Jong ne s'est pas mêlé à la lutte pour la victoire mais peut se féliciter d'avoir livré une course sans la moindre erreur. Ce qui ne sera pas suffisant pour espérer être champion ceci dit. Enfin, nous ne saurons pas analyser les chances de Guillaume Dilley et de Kevin Demaerschalk de se mettre en évidence cette année étant donné leurs absences à Landen. Mais 2016 sera surtout une saison d'apprentissage pour ces deux jeunes loups.

 

           Vous vous demandez sans doute ce qu'il reste à dire après avoir écarté tous ces pilotes de la course au titre ? Et bien il demeure essentiellement trois noms, qui reviennent dans tous les pronostics. Trois pilotes qui se sont déjà battus à plus d'une reprise pour la victoire en 2015, notamment à l'Omloop van Vlaanderen où la mécanique s'était chargée d'éliminer deux d'entre eux. Ce trio se compose de Freddy Loix, évidemment, de Kris Princen et de Vincent Verschueren. Ce week-end, le premier nommé l'a emporté avec quelques secondes d'avance à peine sur Princen. Verschueren, qui dispose pour la première fois avec la Skoda Fabia R5 d'une voiture pour vraiment jouer devant sans avoir à forcer son talent, ne doit sa quatrième place qu'à des problèmes mécaniques sans lesquels une place sur le podium lui tendait les bras.

           Ce n'est pas chose fréquente qu'autant de pilotes puissent s'aligner de façon récurrente, de saison en saison, dans des conditions leur permettant de jouer le titre. Rappelez-vous, il n'y a pas si longtemps, nous étions encore dans la période de domination de Pieter Tsjoen. Peu de rivaux valables se dressaient devant son chemin. Alexandre Romain ne l'a fait qu'une saison, en 2011. Patrick Snijers l'a fait plus souvent, mais ses chances de titre ne tenaient rarement plus longtemps que quelques mois. Snijers lui-même a aussi connu les périodes de domination dans les années 90. Après la retraite de Robert Droogmans, il s'est retrouvé esseulé en 1993 et 1994 et n'a connu qu'une saison disputée face à Grégoire De Mévius, qui l'avait d'ailleurs emporté au final, en 1996. Et globalement, ces 20 à 25 dernières années, nous avons vu des pilotes jouant le titre une saison avant de rapidement se tourner vers des programmes partiels (Bouche, Deferm, Boxoen...). Et nous avons aussi connu des dominations plus sporadiques, comme celle du sympathique Néerlandais Rocco Theunissen dont la tragique disparition a aussi beaucoup nui au rallye belge. Nul doute que les "années Tsjoen" n'auraient pas eu le même visage si Theunissen avait été là.

 

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           En fait, la bagarre à laquelle se livrent ces trois hommes depuis quelques mois nous ramène à une époque au cours de laquelle trois autres pilotes se partageaient l'essentiel des victoires en championnat de Belgique. Ces trois pilotes étaient aussi appelés les trois mousquetaires : Robert Droogmans, Marc Duez, et Patrick Snijers. Entre 1981 et 1992, ce trio à lui seul a décroché la victoire sur 79 des 100 épreuves ayant compté pour notre championnat "Inter" au cours de ces années-là. Un pourcentage exceptionnel pour une si longue période ! Freddy, Kris et Vincent n'ont pas encore la longévité qu'ont eu Patrick, Marc et Robert. Ils ne l'auront sans doute jamais. Il ne faut pas oublier que ces trois hommes ont déjà une belle carrière derrière eux et donc l'âge qui va avec... Loix a tout de même roulé en championnat du monde pendant plusieurs saisons et Kris Princen fut déjà champion de Belgique en 1999. Il est fort probable que leurs affrontements ne s'étendent pas sur 12 saisons. Mais peu importe le temps que cela durera, savourons la santé sportive de notre championnat. Ces trois pilotes sont d'une certaine façon les nouveaux mousquetaires. Ils ne laisseront sans doute cette année que des miettes à leurs adversaires. Cédric Cherain et Chris Van Woensel reprenant tout à tour les rôles de quatrième mousquetaire qu'ont eu Guy Colsoul ou Marc Soulet à d'autres époques. Qui sait, peut-être que les casquettes Skoda et les vestes Kaspers nous rappelleront bientôt nos souvenirs d'autres accessoires aux couleurs de Bastos, Belga ou Fina. Nous ne compterons en tout cas pas sur la décoration actuelle de la Skoda de Verschueren pour suggérer des idées de look vestimentaire...

 

           Loix, Princen et Verschueren s'installent donc comme des candidats réguliers au titre national. Dans un contexte économique instable et avec une fédération nationale aux décisions parfois dénuées de sens, tout cela pourrait facilement vaciller si l'un ou l'autre de ces cadors venait à perdre un sponsor ou à simplement perdre l'envie. Et on sait aussi à quel point la fiabilité des machines, ou plutôt leur manque de fiabilité, peut avoir une influence considérable sur la tournure des événements. Princen et Verschueren l'ont appris à plus d'une reprise l'an dernier. Il faut croiser les doigts pour que cela dure aussi longtemps que possible. Espérons également que les belles bagarres que se livrent nos trois mousquetaires ne soient pas entachées par un drame malheureux. Car nous ne sommes plus à l'époque des propulsions que la plupart des spectateurs aimaient voir passer dans des carrefours lents où le spectacle était le plus visible. Les voitures modernes sont surtout spectaculaires dans les virages rapides où de plus en plus de fans s'amassent. Mais la logique veut bien évidemment que dans un virage rapide la moindre sortie route ait des conséquences beaucoup plus importantes. On l'a encore vu dans la terre de la spéciale de Heers, l'irresponsabilité d'une partie du public n'est pas le privilège exclusif du Rallye du Condroz, loin de là. S'il vous plait, faites attention, un écart de trajectoire est vite arrivé !

 

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           Nous verrons si le reste de la saison confirme tous les espoirs placés dans ces trois favoris. Les premiers éléments de réponse nous serons donnés dans deux semaines, à l'occasion du Spa Rally. Sur un parcours sans doute moins insipide qu'à Landen mais avec une organisation que l'on espère meilleure que l'an passé.


06/03/2016
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10 ans de Legend Boucles

            Lorsqu'en 2005 Pierre Delettre annonça le retour de ses Boucles de Spa chéries l'année suivante dans une version qu'il nomma de "Legend", tout le monde se demandait de quoi il allait s'agir. Un rallye à 70 kilomètres par heure de moyenne, ça donne quoi ? Des voitures à l'attaque ou bien une balade de bon père de famille ? Dès les premiers RT (les Regularity Tests, encore une appellation nouvelle pour beaucoup à l'époque), le doute était levé. Snijers en Opel Manta, Verreydt en Talbot Sunbeam ou Munster en Porsche 911 allaient régaler les spectateurs massés nombreux au Barrage de La Gileppe ou à l'Ecole de Maitrise Automobile de Malmedy. Et il en sera de même de nuit dans une Clémentine enneigée que les passionnés jeunes et moins jeunes redécouvraient alors après quatre ans de mise au ban. La machine était lancée !

           Dix éditions plus tard, ces Legend Boucles ont désormais une belle histoire à leur actif. Une histoire jalonnée de hauts et de bas. Car, ne faisons pas durer le suspens plus longtemps, ces Legend Boucles, ce sont aussi dix années de controverses. Nous ne reviendrons pas sur tous les incidents, petits ou grands, qui ont émaillé les différentes éditions de l'épreuve. Mais profitons tout de même de cet anniversaire pour tirer le bilan de tous ces week-ends spadois et bastognards.

 

           Les Legend Boucles ont rapidement pris de l'ampleur de 2006 à 2009 . Une première partie d'existence marquée par une croissance dans le nombre d'engagés et aussi dans le nombre de vedettes présentes au départ. Une période qui fut aussi placée sous le signe de l'enthousiasme presque parfait des suiveurs à l'égard de ces Boucles nouvelle formule. Il faut dire que le concept est presque parfait. Les pilotes que les gens aiment, au volant des voitures qu'ils aiment tout autant. Quoi de mieux qu'un Snijers en Escort ou qu'un Duez en Porsche, à part peut-être un Gaban en Kadett ou un De Spa en Mini ? Les quelques premiers accrocs, tels que ces Porsche faiblardes mises dans les mains de Delecour et Alèn en 2008 ou cette longue liaison vers Marche-en-Famenne qui fut au programme en 2007 et 2008, furent facilement oubliés.

 

001 - Boucles de Spa 2008 - R.De Borman - Rahier.JPG

 

           Mais très vite, le suiveur devient exigeant, habitué qu'il est à la qualité de ces premières éditions. Dans un même temps, l'organisateur surfe de plus en plus sur son succès, se laissant parfois aller à des projets saugrenus ou tout simplement risqués. Et c'est en 2010 qu'apparaissent les premières controverses sérieuses.

           Pour la cinquième édition des Legend Boucles, les organisateurs lancent une nouvelle opération de comm' : le désormais célèbre Pilote-Mystère. Très vite, il apparait que, bien qu'il s'agisse réellement d'un pilote de premier plan, le mystère est loin d'être complet. François Chatriot est rapidement démasqué, malgré la tentative désespérée d'un membre de l'organisation de semer le doute sur un forum bien connu. Ajoutez à cela une Mazda RX-7 peu fiable et ce qui était un buzz devient un abandon précoce. Mais l'opération continue les années suivantes. En 2011, c'est Henning Solberg qui s'y colle, et cette fois la Mazda ne boucle même pas une spéciale. En 2012, Gwyndaf Evans fait à peine mieux et abandonne également. Puis en 2013, la Mazda est troquée pour une Ascona assez poussive qui ne permet pas à Per-Gunnar Andersson de réellement se mettre en évidence. Il faut attendre 2014 et Alister McRae pour que l'opération soit un réel succès. Il en fut de même cette année avec Markko Märtin, finalement deuxième.

 

Märtin7.JPG

 

           Mais ces premiers pilotes mystères ne sont pas les seules vedettes à être venues à Spa (puis Bastogne) sans y avoir marqué les esprits. Qui se souvient de la venue de Rauno Aaltonen en Mini ? Ou de la réplique hasardeuse de Lancia Stratos avec laquelle Yves Loubet ne put vraiment s'exprimer ? Ou de l'incendie de la Visa 1000 Pistes de Mikko Hirvonen ? Sans parler de la 131 Abarth enrhumée de Markku Alèn l'an passé. Les organisateurs des Legend Boucles ont souvent dépensé beaucoup d'énergie, et sans doute beaucoup d'argent, à faire venir ces vedettes pour une prestation éphémère.

           Mais fort heureusement, d'autres pointures ont réussi à marquer l'épreuve de leur empreinte. Simon Everett nous a électrisé de ses passages en Escort. Stig Blomqvist et Björn Waldegard se sont mêlés à la lutte pour les premières places à plus d'une occasion. Et d'autres seconds couteaux ont surpris, tels Erwin Doctor, Jean-Louis Clarr ou Kevin Abbring. Finalement, ce ne sont pas toujours les noms les plus célèbres qui riment le plus avec spectacle et résultats. Mais on le sait, ce sont les stars qui permettent d'attirer l'attention du grand public, moins connaisseur, et des médias non spécialisés.

 

           On le voit avec ce fameux Pilote-Mystère, c'est au niveau de la communication que se situe la source de beaucoup de controverses. Les organisateurs cherchent maladroitement à garder le contrôle de ce qu'il se dit et s'écrit sur leur épreuve. Il en résulte une attitude qui peut parfois être perçue comme arrogante, comme lorsqu'ils s'attaquèrent à ce fameux forum spécialisé que vous connaissez presque tous. Et d'autres exemples existent. Ce comportement peut parfois donner l'impression aux vrais fans connaisseurs d'être pris de haut et de ne pas être forcément bien accueillis sur l'épreuve. Un sentiment qui est peut être incorrect mais qui est pourtant compréhensible et légitime...

 

           Une autre lubie de l’organisateur a été le passage d’une à deux journées de courses. La première tentative date de 2011 avec l’organisation d’une petite boucle le vendredi soir comprenant deux passages sur une spéciale tracée aux abords du circuit de Francorchamps. Si le tracé valait le coup d’œil, les très nombreux abandons survenus dès ce vendredi soir auront malheureusement fait perdre à la journée du samedi une partie de son intérêt. Après ce demi-échec, il fallut attendre quatre ans avant le deuxième essai. En 2015, pour la première édition bastognarde, une spéciale forestière est prévue le vendredi soir à Compogne, l’Eglantine. Mais compte tenu de l’éloignement géographique de Bastogne par rapport à une bonne partie du pays et surtout des conditions météorologiques exécrables, très peu de spectateurs se laissent tenter par l’initiative.

           Mais pour la récente édition 2016, les organisateurs décident finalement d’allonger leur épreuve par la journée du dimanche et non plus par celle du vendredi. Cela leur permet évidemment d’augmenter plus sensiblement le nombre de spéciales. Les avantages de cette formule sont plus nombreux. Elle permet d’avoir un timing plus aéré et de satisfaire un plus grand nombre de participants, notamment ceux qui abandonnent rapidement le samedi. Au final, ce passage à deux jours de course semble être une bonne chose. Il y a sans doute une réticence au changement de la part de certaines personnes, d'autant plus que cette nouveauté entraine une hausse des couts pour les participants et pour les spectateurs. Mais les gens s'habitueront sans doute facilement. Il restera aux organisateurs à peaufiner quelques points. Plusieurs liaisons étaient trop longues, et les accès à certaines spéciales forestières sont à améliorer.

 

           Au final, les Boucles, même en Legend, ne cessent de fasciner et de susciter l'enthousiasme. Elles ne laissent personne indifférent et, si certains lui sont réfractaires, la majorité des fans et des pilotes lui vouent une admiration presque sans limite. Il est vrai que les tendances mégalomaniaques de son organisateur lui jouent de temps en temps des tours et la mettent parfois autant à mal qu'en valeur, mais le concept que celui-ci a créé il y a un peu plus de 10 ans désormais porte toujours ses fruits. Quel autre rallye permet encore de voir des Thiry, Vandewauwer, Verreydt ou Munster côtoyant des dizaines d'amateurs chaque année sur des montures parmi les plus spectaculaires ? Sans doute aucun, car les Legend Boucles sont tout simplement uniques, dans le positif comme dans le négatif...


25/02/2016
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Quel visage pour le BRC 2016 ?

               A peine quelques semaines nous séparent désormais du début de la saison belge des rallyes. Plusieurs pilotes ont annoncé ces derniers jours leurs projets pour cette année 2016. C’est donc l’occasion de rassembler toutes les informations et les bruits de couloirs reçus jusqu’à ce jour et de tenter de savoir quel visage devrait avoir le prochain millésime du BRC. Après une saison 2015 qui fut le théâtre de nombreuses controverses, nous pouvons espérer un déroulement plus détendu pour cette année. Les récentes décisions prises par rapport aux WRC (pour plus de détails, je vous renvoie vers l'article d'Autonews du 20 décembre dernier) ont clairement pour but de renforcer la position déjà prise par le RACB en 2015. L’objectif est de favoriser autant que possible la participation des voitures de type R5 et de décourager les candidats à un programme complet au volant d’une WRC. Il semblerait que le message soit passé et que le nombre de R5 au départ en 2016 soit plus élevé que lors de l’année écoulée, tandis que la tendance inverse devrait se confirmer au niveau des WRC.

 

                En tête des pronostics pour cette saison 2016, nous devrions sans doute retrouver Freddy Loix. Fast Freddy sera de nouveau de la partie au volant d’une Skoda Fabia R5, probablement la meilleure voiture de la catégorie. Comme les années précédentes, il devrait faire l’impasse sur une ou deux des neuf manches qui figurent au calendrier. Le seul changement pour Loix se situe au niveau de la préparation de sa monture. Il quitte en effet BMA pour se tourner vers l’équipe française de 2C Compétition. Un changement qui ne devrait pas avoir un grand impact sur ses performances.

 

                Face à Loix, Kris Princen fera à nouveau figure d’adversaire principal. Après un long questionnement, le Trudonnaire remet le couvert au volant de la Peugeot 208 R5 de DG Sport. Ni les performances de Princen, ni la vitesse de pointe de la lionne ne sont à remettre en question. Par contre, la fiabilité de cette dernière n’a pas toujours été au rendez-vous ces douze derniers mois. Ce sera donc le gros point à améliorer pour cette nouvelle saison, et certainement une des clés de celle-ci. Kris Princen avec une voiture à la fois performante et fiable, c’est presque toujours synonyme de résultats.

 

                Le troisième homme sera sans doute à nouveau Vincent Verschueren. Le Flandrien a troqué sa DS3 R5 pour une Fabia R5. Toujours en quête d’une première victoire à l’échelon national, Verschueren dispose enfin d’une arme à la hauteur de celles de ses adversaires. Il devra donc confirmer ses toujours bonnes dispositions par des résultants probants. Et pour clore la liste des Fabia R5, n'oublions de noter qu'Hermen Kobus s'alignera normalement à Tielt, Jambes et Ypres cette année.

 

                Et les Citroën DS3 R5 dans tout ça ? Nous n’avons pas encore reçu d’info officielle quant aux projets de Cédric Cherain, mais certains bruits indiquent qu’il se dirigerait plutôt vers le championnat d’Europe. Nous ne devrions donc le voir en action chez nous qu’à quelques rares occasions. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de DS3 pour jouer le titre en Belgique. Bien au contraire ! Nous en verrons notamment plusieurs à l’œuvre dans les rangs de J-Motorsport, l’équipe menée par Jourdan Serderidis. Le patron lui-même délaissera le championnat du monde et s’alignera au volant d’une R5 sur la majorité des épreuves du BRC. Il devrait être accompagné par Philippe Stéveny. En effet, le garagiste hannutois devrait s’orienter vers un programme complet en lieu et place de ses sporadiques one-shots habituels. Espérons cependant qu’il tienne parole et qu’il ne baisse pas les bras trop rapidement. Enfin, J-Motorsport devrait aligner une troisième DS3 avec le soutien de l’importateur Citroën. L’heureux élu qui bénéficiera du volant de cette monture officielle serait Kevin Demaerschalk. Le jeune Brabançon voit là une seconde chance lui être offerte. A lui de montrer son talent, et de rester sur la route !

                Et Citroën ne soutiendrait vraisemblablement pas un seul et unique équipage à titre officiel mais bien deux ! En effet, Guillaume Dilley devrait aussi avoir la chance de s’aligner sur une DS R5 aux couleurs de l’importateur. Celle-ci serait préparée par Burton Racing. L’équipe de Trois-Ponts alignera sans doute une seconde DS3 R5 que nous retrouverons aux mains de l’ex-pistard Armand Fumal. Dilley, bien qu’en apprentissage, devra confirmer ses bonnes dispositions de 2015, de nouveau à armes égales face à Demaerschalk.

                Enfin, Tom Van Rompuy s’alignera lui aussi en DS3 R5. Il a en effet racheté la voiture que pilotait l’an dernier Vincent Verschueren. Il ne s’agit sans doute pas de la meilleure voiture du plateau, mais elle aura par contre une des plus belles décorations. Si Van Rompuy a fait des débuts en R5 timides durant la fin de la saison dernière, il a déjà montré par le passé qu’il avait une belle marge de progression. Espérons donc qu’il puisse élever son niveau de performance en 2016.

 

                Là-dedans, il manque bien sur les Fiesta R5. Il est probable que nous n’en voyions aucune sur l’ensemble du championnat. Cependant, Claudie Tanghe et Davy Vanneste disputeront quelques épreuves avec ce modèle, essentiellement en Flandre.

 

                Cette avalanche de R5 ne signifie pas pour autant que les WRC vont disparaitre entièrement du sol belge. Aucun pilote n’a jusqu’ici marqué son intention de faire un programme complet au volant de l'une d’entre elles. Mais par contre, ils seront sans doute plusieurs à être présents de façon occasionnelle. A commencer par Benoit Allart. Sur une nouvelle Fabia WRC, le Marchois devrait en théorie se concentrer cette saison sur les épreuves wallonnes uniquement. Peut-être que d’autres Famennois en feront de même ? David Bonjean, Xavier Bouche et Bertrand Grooten sont coutumiers de ces apparitions sporadiques en WRC mais n’ont encore rien communiqué quant à leurs projets pour 2016. Il reste enfin le cas de Chris Van Woensel. Après une saison 2015 marquée par de trop nombreux abandons, que fera-t-il cette année ? Il est fort possible qu’il choisisse de nouveau de se contenter d’un programme partiel, essentiellement en Wallonie, aux commandes de sa Mitsubishi Lancer WRC.

 

                Et puis il y a tous les autres. Car les R5 et les WRC ne sont pas les seules voitures capables de bien figurer au classement. En haut de la liste de ces autres protagonistes, il y a bien sur l’éternel Patrick Snijers qui devrait être au départ de la plupart des épreuves sur la Porsche 911 GT3 qu’il pilotait déjà en 2015, avec une fiabilité qu’il espère avoir retrouvée. Les autres Porschistes que sont Van Parijs, Claerhout et Lejeune seront par contre plus rarement  à l’œuvre en BRC.

                Il y aura aussi les Super 2000. Bert Cornelis a racheté l’ancienne Polo de Verschueren, mais son programme n’est pas encore connu. Le bouillant Stephan Hermann devrait aussi opter pour une S2000, une Fabia ou une Punto, mais beaucoup de choses restent encore à clarifier également.

 

Et puis il y a tous les autres. Que feront en 2016 Didier Duquesne, Melissa Debackere, ou Bob De Jong ? Les semaines qui viennent devraient nous permettre d’éclaircir ces dernières zones d’ombre, mais il semble d’ors et déjà acquis que cette saison 2016 devrait être intéressante du point de vue sportif. Espérons cependant que tous ces animateurs puissent disposer des budgets dont ils ont besoin pour leurs projets. Et croisons aussi les doigts pour que le spectacle soit présent au bord des spéciales tout au long de l’année !


20/01/2016
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