Rallye Belgique

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Cordes profondes et autres plaisirs flandriens

           Le rallye d'Ypres est unique ! Ce n'est pas sans raison s'il s'est forgé une place de choix au niveau belge comme au niveau européen au cours de ses 50 années d'existence. En championnat de Belgique, Ypres est déjà un rallye à part. Parce qu'il a un statut international, parce qu'on n'y rencontre pas les mêmes voitures ni les mêmes pilotes que sur les autres épreuves, et parce que l'ambiance y est exceptionnelle. En championnat d'Europe aussi, Ypres est un rallye à part, parce qu'il accueille le plus souvent des pilotes belges ou étrangers de renom et qu'il est parfois très compliqué pour les habitués de ce championnat d'y rentabiliser leur déplacement. Régulièrement, certains suiveurs émettent des doutes, légitimes, sur le caractère unique de cette épreuve estivale. Mais régulièrement, il y a aussi un millésime de l'épreuve particulièrement haut en couleur pour venir remettre l'église au milieu du village. Et l'édition 2015 était très certainement l'un de ces millésimes !

 

           Ces dernières saisons, les spectateurs ont du apprendre à organiser leur week-end différemment. Depuis une dizaine d'années, les WRC, et d'autres voitures, sont bannies de la cité des chats. Il devient compliqué d'y trouver des endroits lents qui soient réellement spectaculaires. Avec l'avènement récent des Super 2000 et des R5, le spectacle réside dans la vitesse ! Dans ces courbes rapides qui, à Ypres, sont aussi synonymes de cordes. Et les cordes, c'est tout ce qui fait la difficulté de cette épreuve. Pour s'en sortir sur un rallye comme celui-là, il faut non seulement être véloce, mais il faut surtout aller au bout de la course sans encombre (ou presque) et éviter les pièges qui se cachent au détour de beaucoup de ces cordes.

           Si un pilote étranger parvient à briller sur les petites routes de Flandre Occidentale, il n'y a souvent que deux possibilités. Soit il s'agit d'un pilote au talent exceptionnel, voué à s'illustrer en WRC si ce n'est pas encore fait, soit ce pilote a suffisamment d'expérience à Ypres que pour passer au travers des mailles du filet. Et parfois, ces deux aspects sont nécessaires pour faire un résultat. Beaucoup d'exemples le montrent. Henri Toivonen, vainqueur en 1984 pour sa première participation, était un des pilotes les plus doués de l'histoire. Kris Meeke, qui a réalisé la même prouesse en 2009, est devenu une référence du WRC entre temps. De leur côté, Jimmy McRae et Hendrik Lundgaard, vainqueurs respectivement en 1987 et 2000, ont écumé les spéciales yproises pendant des années avant de pouvoir y décrocher les lauriers grâce à l'expérience accumulée.

 

           Cette année n'a évidemment pas dérogé à la règle. Certains pilotes étrangers ont montré qu'ils avaient suffisamment d'expérience ou de talent que pour faire une prestation de choix à Ypes. Les meilleurs exemples sont à trouver chez Opel. Même si cela s'est soldé par des fortunes diverses, les trois jeunes pilotes principaux de la marque, Emil Bergkvist, Marijan Griebel et Aleks Zawada, se sont tous illustrés le week-end dernier aux volants de leurs agiles Adam R2. Le Français Victorien Heuninck fut le seul à pouvoir leur tenir tête au volant de sa Peugeot 208 R2, mais mettant surtout à profit sa connaissance du terrain et ses nombreuses participations à Ypres. Plus haut dans la hiérarchie, Bryan Bouffier a également montré qu'il avait beaucoup appris de ses précédentes participations en poussant Freddy Loix dans ses derniers retranchements. Freddy a finalement mieux encore fait parler son expérience du terrain, mais il n'aura vraiment pas manqué grand chose. Savoir éviter les crevaisons dans des cordes anodines, c'est aussi ça la science du rallye d'Ypres...

 

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           A l'inverse, certains pilotes ont malheureusement montré à Ypres qu'ils n'avaient pas l'expérience suffisante ou le talent suffisant pour y briller. Voire même qu'ils n'avaient ni l'un ni l'autre ! Etonnamment, Kevin Abbring a confondu vitesse et précipitation, alors qu'il jouait une nouvelle fois aux avant-postes. L'invitation que lui avait faite Pieter Tsjoen s'est soldée par la destruction d'une DS3 R5. C'est en partie le même constat qui est à faire pour Stéphane Lefebvre, qui n'a pas toujours été servi par son pilotage incisif mais qui est malgré tout à l'arrivée. Et que dire des Britanniques en Fiesta ? Qu'Euan Thorburn termine le rallye sans mal ressort presque du miracle tant il a repoussé les limites ce week-end, sans toujours être très véloce. Quant aux frères Moffett, aucun des deux n'est à l'arrivée, et la plus belle sortie du week-end est même à mettre à l'actif de Josh lors du dernier passage à Hollebeke. Au même endroit quelques heures plus tôt, le Polonais Lukasz Pieniazek au volant de sa Peugeot 208 R2 avait déjà été victime de cette corde, l'un des plus gros pièges de cette édition 2015. Sur la même monture, les plus véloces Diogo Gago et Vasiliy Gryazin ont connu le même sort un peu plus tard dans la course.

           Finir au wateringue n'est cependant pas l'apanage exclusif des étrangers, quelques autochtones unissant chaque année la destinée de leur voiture avec celle d'un fossé. Bernd Casier est d'ailleurs en train de devenir un récidiviste de la discipline...

 

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           Le rallye d'Ypres a donc une nouvelle fois rappelé à tous, Belges et étrangers, qu'il est unique. Il n'est pas donné à tout le monde de prendre le dessus sur les routes flandriennes et ils seront encore nombreux les pilotes à s'y casser dents et voitures à l'avenir.



02/07/2015
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