Rallye Belgique

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La deuxième est la (première) bonne !

              Il y a un de cela, nous n’avions pu faire autrement que de souligner le déroulement quelque peu chaotique de la première édition du Spa Rally, et nous n’étions pas les seuls. Douze mois plus tard, il faut bien reconnaitre que de nets progrès ont été faits (le contraire aurait été dramatique...). Certes, il y eut encore cette année quelques points noirs. La spéciale show de Saive n’était pas une bonne idée compte tenu de l’ordre de départ des Historic (en ordre inverse) et des WRC qui s’élançaient derrière les GT. La nuit du vendredi au samedi fut plutôt courte pour beaucoup de monde, spectateurs ou concurrents, surtout avec les petites retards du vendredi soir. Enfin, le rapport entre le kilométrage des spéciales et le kilométrage des liaisons était assez peu flatteur. Mais dans l’ensemble, ce Spa Rally peut être considéré comme étant, à peu de choses près, au niveau des autres épreuves routières importantes dans notre pays.

 

                Mais ne nous attardons pas plus longtemps sur l’organisation de l’épreuve et concentrons nous plutôt sur l’aspect sportif. Car le week-end passé, c’est le sport qui a relégué tout le reste au second plan et non l’inverse, et quand c’est le cas, la satisfaction est toujours de mise. Les spéciales tracées dans la région de Spa, et parfois même plus loin comme à Herve, font la part belle au talent des participants. Comme sur les autres épreuves wallonnes du championnat de Belgique, il ne suffit pas d’être aux commandes d’une voiture de pointe pour faire un résultat. Bien au contraire, ici c’est le coup de volant qui est le plus important et qui permet souvent de compenser les faiblesses de sa machine. Il n’est pas étonnant dès lors que de nombreux pilotes se soient faits remarquer par leur pilotage le week-end dernier. Certains étaient attendus en haut du classement, mais d’autres ne l’étaient pas et ont profité de l’occasion pour se révéler.

 

                En Historic, François Duval s’est imposé haut la main. C’était attendu et beaucoup d’observateurs furent étonnés de le voir devancé par Bernard Munster en début de course. Mais après les soucis que connut ce dernier le samedi matin, Obelix n’avait plus qu’à gérer et n’a finalement pas du forcer son talent pour l’emporter. L’inactivité n’a toujours pas altéré son coup de volant hors du commun. Il est plus étonnant de voir que François De Spa termine deuxième. Avec sa Porsche 911, il devance Jean-Pierre Vandewauwer qui disposait du même modèle mais dans une version beaucoup plus performante, c’est remarquable ! Toujours en Historic, nous avons bien failli retrouver Pieter-Jan Maeyaert sur ce podium. En 2015, le Roularien s’était mis en évidence à plus d’une reprise mais face à une concurrence bien moins relevée dans sa catégorie. Ce week-end, il a signé plusieurs meilleurs temps et souvent fait jeu égal avec des véritables références comme Duval, Munster ou Vande. Une sortie de route a finalement mis un terme à cette prestation, mais le favori des spectateurs confirme de rallye en rallye toute l’étendue de son talent sans jamais abandonner son style ultra-spectaculaire. C’est l’homme du moment en Historic ! Un peu plus loin, quelques régionaux se sont également montrés à leur avantage à Spa. Ce fut la cas de Geoffrey Leyon, de plus en plus rapide, et du revenant Sébastien Cuvelier dont nous avons aimé revoir les passages généreux.

 

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                Dans la manche « moderne » du rallye, la bagarre a fait rage tout le long du week-end. Le rythme fut particulièrement élevé chez les pilotes de pointe. De mémoire de spectateur, nous avions rarement eu droit à un tel niveau de pilotage en Belgique ces derniers temps. De nombreux passages furent dignes du championnat du monde. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant de constater les écarts colossaux qui séparent les pilotes les mieux classés de certains de leurs adversaires moins rapides. En tête de la course, Freddy Loix a du faire usage de tout son talent pour décrocher les lauriers. Kris Princen n’a jamais relâché la pression, donnant lui aussi toute la mesure de son pilotage d’un bout à l’autre de l’épreuve. Il suffit de regarder certaines caméras embarquées pour s’en convaincre. Derrière ces deux hommes, le troisième mousquetaire Vincent Verschueren n’a pas eu droit au chapitre. Comme souvent un peu moins à l’aise sur les spéciales du Sud du pays, le Flandrien a même du batailler ferme pour obtenir la dernière marche du podium. Il termine tout de même l’épreuve en boulet de canon, ce qui est de bonne augure en vue des prochaines manches wallonnes.

 

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                Juste derrière ce trio désormais habituel, nous retrouvons le Marchois Xavier Bouche. Pour la première fois, Zaza disposait d’une R5 similaire à celles de ses adversaires. Et il a de nouveau prouvé qu’il avait le talent pour jouer les premiers rôles avec à peu près tout ce qui lui passe entre les mains. Longtemps troisième, il dut finalement plier face au retour de Verschueren. Mais Xavier Bouche pourrait bien être le quatrième mousquetaire à plus d’une reprise cette saison. Un rôle de quatrième homme habituellement dévolu à Cédric Cherain qui dut abandonner suite à un problème mécanique pour la seconde fois après son retrait à Landen. Un manque de fiabilité qui est de mauvaise augure pour sa campagne internationale…

                Le top 6 est complété par deux pilotes talentueux que l’on attendait pas à pareille fête ce week-end, Cédric De Cecco et Guillaume Dilley. Ils ont démontré qu’ils pouvaient s’adapter rapidement au pilotage d’une R5 malgré leur déficit d’expérience au volant de voitures de pointe. Et surtout, ils y ont mis les formes, leurs passages n’ayant pas grand-chose à envier à ceux de Loix ou de Princen. Voilà qui est prometteur pour Dilley dans la perspective de sa campagne 2016 avec le Citroën Belux Junior Team. Longtemps sous-estimé, le Brabançon devient de plus en plus en crédible sous sa nouvelle étiquette d’espoir de nos rallyes. Quant à De Cecco, espérons que ce qui devait n’être à la base qu’un one-shot  puisse déboucher sur un programme plus consistant. Par contre, il faut regretter le retrait précoce de Kevin Demaerschalk qui n’a pas eu le temps de se mesurer aux autres novices de la R5. Pour lui, la partie est remise au TAC Rally auquel il pourra participer en compensation de cet abandon.

 

                Nous ne pouvons pas non plus passer sous silence les prestations de quelques régionaux sur des montures plus modestes mais au mérite tous aussi grand. Commençons par Michaël Albert. En progression constante depuis ses débuts il y a un peu plus de douze mois et sur ses terres,  l’homme à la Mitsubishi s’est une nouvelle fois illustré. Il termine à une neuvième place plus que méritée, premier derrière toutes les R5 et les WRC. Il devance à la régulière Anthony Martin, beaucoup plus expérimenté que lui. Où s’arrêtera-t-il donc ? On ne peut pas non plus éviter de parler, une fois encore, de Stephan Hermann. A nouveau, il fut étincelant sur sa « petite » Fiat Punto, avec comme de coutume quelques passages repoussant les limites de la physique.

                En 17ème position, nous retrouvons Fabrice Jehenson. Nous n’avions plus eu beaucoup d’occasions de le voir à l’œuvre ces dernières années. Il s’était déjà mis en évidence par le passé avec un bel accessit au Rallye de Wallonie notamment. Il a remis le couvert ce week-end, comme de coutume au volant d’une Renault Clio, en devançant plusieurs voitures bien plus performantes. Encore un de ceux dont le talent n’est pas altéré par l’inactivité et que l’on aimerait voir en action plus souvent ! Un petit peu plus loin, la 19ème place est revenue à Antoine Luxen qui signe là un résultat tout bonnement hallucinant au volant d’une modeste Peugeot 205 ! Il devance même Tom Van Rompuy, toujours aussi décevant depuis son passage à la R5. En se montrant à son avantage à Spa, Antoine démontre qu’un pilote issu des rallyes provinciaux au volant d’une voiture d’un autre temps peut faire un résultat probant à l’échelon supérieur si il parvient à être rapide et à ne pas commettre d’erreurs. Il est dommage que ce genre de performances n’inspire pas plus souvent des pilotes issus du provincial à tenter l’aventure du national. Ils étaient quelques uns à l’avoir fait ce week-end, et beaucoup ont été récompensés par un résultat honorable. Outre Luxen, citons encore Thomas Delrez ou Dominique Genten.

 

                Ce Spa Rally fut donc un bon cru. Il nous rappelle aussi qu’il y a du talent à revendre dans notre pays. Ce millésime restera sans doute marqué dans les mémoires comme la première grande édition de l’épreuve. L’histoire du Spa Rally s’écrit donc petit à petit, d’année en année. Non pas sur les cendres des anciennes Boucles de Spa mais sur une base nouvelle qui lentement s’affranchit des nombreuses polémiques qui ont entouré la naissance de l’événement en 2015. La communication des organisateurs s’articule d’ailleurs de moins en moins autour du prestige d’autres épreuves plus anciennes.

                Vivement 2017, pour la troisième édition d’un rallye qui monte. Et avec, espérons-le, encore moins de retards, moins de longues liaisons, moins de spéciales interdites au public (ou était-ce un leurre ?), et au moins autant de spectacle que cette année !



24/03/2016
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