Rallye Belgique

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Epreuves oubliées #2 : Ronde Hainaut-Namur

          Pour ce deuxième épisode de la série consacrée aux épreuves oubliées, le thème sera plus que respecté puisque nous allons évoquer un rallye que peu de gens connaissent encore aujourd'hui. Ce fut même, à son époque,  un rallye dont beaucoup ignoraient l'existence ! Il y a deux grandes raisons pour lesquelles ce rallye n'a jamais eu l'aura qu'il aurait méritée. Tout d'abord, il s'agissait d'une épreuve située dans une région fort reculée géographiquement, éloignée des grandes villes et des grands axes, celle de Viroinval, au pays de l'escavèche et de Toine Culot. Ensuite, l'épreuve a longtemps eu un format particulier, à parcours secret avec une moyenne à respecter, qui n'était plus, dans les années 80 déjà, très en phase avec son époque. Cette épreuve, c'est la Ronde Hainaut-Namur. Il est d'ailleurs à déplorer que peu d'informations soient disponibles sur ce rallye. Hormis quelques rares articles souvent peu complets dans les magazines de l'époque, il n'en reste malheureusement plus grand chose...

 

           Il y avait déjà eu auparavant d'autres épreuves dans cette splendide région. Par exemple, vers 1975, l'Ecurie Bayard y organisa un rallye d'orientation appelé Rallye du Viroin. Plus tard eut aussi lieu la Ronde des Aigles, organisée par l'écurie du même nom, qui proposait déjà un format à parcours secret avec moyennes à respecter. C'est en 1979 que le Team Hainaut-Namur, l'équipe du carolo Franz Groux, récupère la place tout juste laissée par les Aigles. Ils reprennent la date en début de saison et le format de la Ronde des Aigles. Cette nouvelle Ronde Hainaut-Namur a même l'honneur d'ouvrir le championnat Interprovincial (le "CF" de l'époque) en 1979.

 

           Dans ses premières années, la Ronde Hainaut-Namur se déroulait donc essentiellement sur routes ouvertes, avec des moyennes horaires à respecter. Mais de temps à autre, l'organisateur proposait également aux concurrents des spéciales sur routes fermées. En 1979, l'épreuve était basée à Mazée et deux spéciales différentes étaient  au programme, à Niverlée et à Olloy. Cette édition fut remportée par l'équipage composé de Jacky Winkin et de Jean Dechesnes. Il faut remarquer que l'épreuve comptait pour le championnat hennuyer et s'appelait Hainaut-Namur, alors qu'elle se déroulait quasi intégralement sur la province de Namur, sur les entités de Viroinval, Doische et Philippeville le plus souvent. Cette particularité est bien sûr liée au nom et au lieu d'origine du club organisateur.

 

           En 1981, les organisateurs proposent un format très particulier ! L'épreuve débute par un parcours de concentration. Quatre lieux de départ sont proposés : Châtelineau (au "Bon Accueil"), Erquelinnes (au siège de l'écurie Yvo Grauls), Jambes (au siège de l'écurie Jemeda, aujourd'hui siège de l'AC Namur) et à Frasnes-lez-Couvin (au café "L'étape"). Le point de ralliement est situé à Philippeville et de là partent les boucles suivantes, communes, et à parcours secret bien évidemment.

            En 1983, José Lareppe, copiloté par Joseph Lambert, vient à la Ronde Hainaut-Namur en vue de préparer sa saison. Il y impose assez facilement son Opel Kadett GT/E sur un format qui est toujours entièrement basé sur la régularité et sans aucun secteur de vitesse pure.

 

           Ce genre de rallye secret est de plus en plus en désuétude dans les années 80, et les organisateurs de la Ronde Hainaut-Namur tarderont à faire évoluer leur épreuve. Il faudra attendre 1984, lors de la sixième édition, qui se déroule de nouveau dans le cadre du championnat interprovincial, pour que le rallye adopte résolument le format "à spéciales". Cette année-là, ce sont même 4 boucles de 6 spéciales qui sont au programme, au départ de Oignies-en-Thiérache où est situé le centre de l'épreuve. La boucle débute par la spéciale de Regniessart, tracé rapide qui se termine près de Nismes. La deuxième spéciale est celle de Neuville, bien connue du Bianchi Rally à l'époque et du Roger Sauvelon Historic Rally Festival (nom complet de l'épreuve...) aujourd'hui. La troisième spéciale, plus courte, est celle de Sovalbois, qui relie Villers-le-Gambon à Merlemont. La quatrième spéciale est celle de Sautour. La cinquième spéciale est celle de Dourbes, et, oui, il s'agit bien de celle reprise par le Bianchi entre 2011 et 2013 ! Enfin, la sixième spéciale est celle de Treignes.

           Le parcours est bien évidemment superbe, mais malheureusement le plateau est un petit peu maigre en quantité. De nouveau, l'épreuve est peu relayée dans les médias, même spécialisés. C'est le jeune espoir liégeois Michel Dumoulin qui l'emporte au volant de sa Ford Escort Mk2. Il bat l'Opel "Macona" (mélange artisanal entre une Ascona et une Manta) de l'équipage Emontspool - Den Tandt. Il s'agit vraisemblablement de la dernière édition de cette très belle épreuve, dont je n'ai en tout cas pu trouver aucune trace les années suivantes.

 

           Depuis lors, il y eut à quelques trop rares occasions d'autres épreuves organisées dans la région. Tout d'abord, le Rallye du Viroin au milieu des années 90, qui fut un court instant Interprovincial lui aussi. Et plus récemment, le Bianchi Rally qui s'était déplacé vers Couvin pour son retour, avant de disparaitre rapidement après quelques erreurs de "stratégie". Il est bien triste que ces contrées aient été, et soient toujours, tellement inexploitées par les rallyes.

           Il est aussi dommage que peu de traces de la Ronde Hainaut-Namur aient subsisté. Mais si l'un d'entre vous a de quoi compléter, ou corriger, cet article, qu'il se manifeste sans hésiter !

 



19/04/2015
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